La genèse du projet
Tout a commencé à l'automne 2024, dans un petit village des Bouches-du-Rhône. Marie Lefèvre, retraitée et propriétaire d'une maison avec une toiture de 45 m² orientée plein sud, avait fait installer 9 kWc de panneaux solaires. "Je produisais bien plus que ce que je consommais, raconte-t-elle. Mon surplus partait à EDF OA pour quelques centimes du kilowattheure. C'était frustrant de savoir que mes voisins payaient le plein tarif alors que mon toit débordait d'énergie."
L'idée a germé lors d'une réunion du comité des fêtes du village. Marie en a parlé à Jean-Pierre, le maire adjoint, et à Sophie, une jeune ingénieure en énergies renouvelables récemment installée dans la commune. En quelques semaines, le trio avait convaincu une trentaine de foyers de participer au projet.
Les chiffres clés
Après 18 mois de fonctionnement, la communauté "Soleil de Provence" affiche des résultats qui dépassent les prévisions initiales :
- 34 membres : 5 producteurs et 29 consommateurs
- 150 kWc de puissance installée au total
- Taux d'autoconsommation collective : 78 %
- Économie moyenne par foyer consommateur : 30 % sur la facture d'électricité
- Prix du kWh communautaire : 0,14 €/kWh (contre 0,25 € au tarif réglementé)
- CO2 évité : environ 45 tonnes par an
Le montage du projet
La structure juridique
La communauté a choisi la forme associative (loi 1901). L'association "Soleil de Provence" a été créée en décembre 2024, avec Marie comme présidente, Jean-Pierre comme trésorier et Sophie comme secrétaire et référente technique.
Les statuts prévoient une cotisation annuelle symbolique de 20 € par membre, qui couvre les frais de fonctionnement de l'association (assurance, frais bancaires, fournitures).
Les producteurs
Les 5 producteurs du projet représentent une diversité de profils :
- Marie : 9 kWc sur sa maison individuelle
- La mairie : 36 kWc sur le toit de l'école communale
- Le supermarché bio du village : 50 kWc en ombrières de parking
- Un agriculteur : 36 kWc sur un hangar agricole
- Un couple de jeunes retraités : 19 kWc sur leur villa
La clé de répartition
Après plusieurs simulations, la communauté a opté pour une répartition au prorata de la consommation de chaque membre, avec un coefficient saisonnier pour s'adapter aux variations de production. Les coefficients sont recalculés chaque trimestre.
Le quotidien d'un membre
Du côté des consommateurs
Alain, 62 ans, fait partie des premiers consommateurs à avoir rejoint la communauté. "Au début, j'étais sceptique. Je me demandais si ça allait vraiment changer quelque chose sur ma facture. Et puis j'ai vu les premiers relevés : 28 % d'économies dès le premier mois d'été. Aujourd'hui, c'est devenu naturel. Je programme mon lave-linge pour qu'il tourne à midi, quand la production solaire est au maximum."
Sa voisine Fatima, mère de trois enfants, apprécie un autre aspect : "Ce qui m'a convaincue, c'est la simplicité. Je n'ai rien eu à installer chez moi, je n'ai pas changé de fournisseur. Je vois juste ma facture baisser chaque mois, et sur l'application GreenHub, je peux suivre en temps réel combien d'énergie solaire locale je consomme."
Du côté des producteurs
Marie, la productrice à l'origine du projet, ne regrette rien : "Avant, je vendais mon surplus à 0,10 €/kWh à EDF OA. Maintenant, je le vends à 0,14 €/kWh à mes voisins, et en plus je sais que cette énergie est consommée ici, dans le village. C'est gagnant-gagnant."
Le supermarché bio, qui était le plus gros producteur, a vu son investissement dans les ombrières de parking devenir rentable deux ans plus tôt que prévu grâce à la valorisation accrue du surplus via la communauté.
Les défis rencontrés
Le projet n'a pas été sans obstacles :
Les démarches administratives : "La convention Enedis a été le point le plus chronophage, confie Sophie. Il a fallu 4 mois entre le dépôt du dossier et l'activation effective. Mais les choses se sont nettement améliorées depuis."
La pédagogie : "Certains voisins avaient peur que ça complique leur situation, que ça les engage sur des années. Il a fallu beaucoup expliquer que chacun pouvait partir quand il voulait, sans frais", raconte Jean-Pierre.
L'équilibrage saisonnier : "En été, on produit beaucoup plus que ce que la communauté consomme. En hiver, c'est l'inverse. On a dû ajuster nos coefficients et encourager les membres à adapter leurs usages", explique Sophie.
Les projets à venir
Fort de ce succès, la communauté Soleil de Provence envisage plusieurs développements :
- Stockage collectif : l'installation d'une batterie communautaire pour stocker le surplus estival et le restituer aux heures de pointe
- Extension du périmètre : intégrer les habitants du village voisin, désormais possible grâce à l'élargissement du périmètre à 10 km
- Recharge de véhicules électriques : proposer des bornes de recharge alimentées par la production communautaire
- Accompagnement d'autres projets : Marie et Sophie sont régulièrement sollicitées par d'autres communes pour partager leur expérience
Un modèle à reproduire
La communauté Soleil de Provence démontre que l'autoconsommation collective fonctionne et qu'elle bénéficie à tous : producteurs, consommateurs, environnement et tissu social local. Chaque quartier, chaque village peut s'en inspirer.
Avec GreenHub, nous mettons à disposition tous les outils pour reproduire ce modèle partout en France : création simplifiée de la communauté, gestion automatisée des flux et de la facturation, tableau de bord en temps réel et accompagnement à chaque étape.